Maria Kochetkova and Joan Boada dans Cendrillon de Wheeldon. © Erik Tomasson

 

UN RENOUVEAU

La pièce est présentée sous un nouvel angle, elle renait sous une forme tragique, plus sombre, en gardant le côté symbolique et poétique. Pourquoi ? Parce qu’en réalité il existe deux versions du conte de Cendrillon : celui de Charles Perrault, plus féérique et idéaliste, et celui des frères Grimm, qui n’a pas la touche fantastique et qui se tourne plus vers la punition et la morale. Wheeldon a décidé de se tourner vers celui des frères Grimm et d’apporter des modifications afin de donner un côté sombre et tragique à l’histoire. Il n’y a donc pas de Marraine la bonne fée ni de souris qui se changent en chevaux pour escorter Cendrillon dans une citrouille changée en carrosse.  Ce dernier est bien là, mais les jeux de lumières permettent de faire vivre la scène.

Cendrillon_Anna_Tsygankova_carosse

 

UNE TRAGÉDIE

Pour le côté tragique, la mort de la mère de Cendrillon est présentée au public au bout de quelques minutes, et c’est à ce moment-là que l’atmosphère sombre s’installe. On aime le côté symbolique qui veut que lorsque Cendrillon pleure sur la tombe de sa mère, un arbre noire pousse pour ensuite grandir au grès des scènes. C’est cet arbre qui engloutira Cendrillon pour la faire ressortir vêtue d’une robe magnifique pour se rendre au bal.

Le côté ingénieux se trouve dans le fait que la vie de Cendrillon et celle du prince soient présentées en parallèle : l’une pleine de malheur et de tyrannie et l’autre, royale, très traditionnaliste et protocolaire. Les deux héros, joués par Anna Tsygankova et Matthew Golding, sont en quête d’une liberté qu’ils ne trouveront que lors de leur rencontre.

Le rythme est donné tout au long de la pièce, entre solo et scène de groupe, sous fond de danse contemporaine. Les partitions sont celles de Prokofiev, un compositeur russe de musique classique mort en 1953. Le ballet est un tout, qui tient sa profondeur grâce aux décors, aux airs de musique, et aux effets visuels. Sans oublier la prestation des danseurs.

Le chorégraphe anglais Christopher Wheeldon.
Le chorégraphe anglais Christopher Wheeldon.

 

EN UNE PHRASE…

Cette version plus sombre et poétique nous fait découvrir un coté du comte que l’on ignorait, et ON AIME !