DANSE ET CAMÉRA : UNE RENCONTRE ENTRE 2 ARTS

La rencontre entre la danse et le cinéma donne une nouvelle forme d’art que l’on qualifie d’hybride parce qu’elle n’est ni de la danse ni du cinéma, elle est un nouvel art interdisciplinaire. Chacune des disciplines influence l’autre et lui donne la possibilité de renaître sous un nouvel aspect. Josette Féral parle même de

« Formes indisciplinées » pour désigner ces formes qui échappent à toute catégorie et empruntent autant aux arts de spectacle (théâtre, danse, musique) qu’aux arts médiatiques ou aux arts visuels, sans relever clairement d’une classification strictement définie. C’est de cette hybridation des arts que vient la richesse de la forme indisciplinée.[1]

En 1896, Danse serpentine[2] dévoilait déjà le potentiel que pouvait avoir l’union de la danse et de la caméra. Réalisé par les frères Lumière seulement un an après l’invention du cinématographe, ce court-métrage de 49 secondes mettait en scène la célèbre danseuse Loïe Fuller[3] connue pour ses mouvements amples et ronds et ses tenues voilées qu’elle faisait danser. Sa robe se transformait en fleurs de toutes les couleurs qui avaient été colorées une par une à la main sur la pellicule. Il existait déjà une interaction entre les deux disciplines, une sorte de co-création, preuve d’un dialogue réciproque entre les deux arts.